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Un pionnier de l’œcuménisme catholique : Le Père Yves Congar (1904-1995)
Un théologien persécuté par le Saint Office devient Cardinal

Congar a toujours eu une sainte horreur d’un irénisme facile; il le dit explicitement : « je ne suis pas pour un mauvais irénisme facile; j’espère jamais l’avoir pratiqué ». Ne tenir compte que de ce qui est commun et noyer les différences, voilà ce qui serait un mauvais irénisme. Il estime en effet que l’œcuménisme exige à la fois ouverture et refus, dialogue et critique. Mais tout doit être dominé et pénétré par l’amour.

Au début Congar insiste sur les controverses, pour se pencher plus tard sur les réalités vivantes. Plus tard il songe que l’unité des chrétiens peut se faire avant l’unité des églises.

Avant la guerre Congar espère à un retour des autres chrétiens à Rome. Ainsi il écrit sur les principes d’un œcuménisme catholique. Expert au concile Vatican II (1962-1965), il souligne, avec force, la nécessité d’un dialogue œcuménique. Religieux studieux et réservé, il se n’est nullement étranger à la vie des hommes, et des chrétiens, en particulier.

Dominicain de la province de France, enseignant au Saulchoir (école dominicaine de théologie) le P. Congar, jeune enseignant respecté, il s’intéresse vite à l’œcuménisme naissant et prend des premiers contacts. Hélas des années trente jusqu’au début de Vatican II, il est strictement surveillé, souvent soupçonné à Rome, interdit de parler en public, de publier, d’écrire, il en gardera de ses chicaneries une aigreur certaine durant toute sa vie. Prisonnier de guerre, il maudira ce temps comme une perte de temps pour ses études tout en soulignant l’expérience humaine vécue dans la difficulté de ces camps. Ses compagnons ont eu une influence indélébile sur lui. Dans un souci de réconciliation, il parlera même l’allemand dans des groupes d’expert au concile. Au moment de l’interdiction des prêtres ouvriers en 1954, il sera interdit d’enseignement, et de recherches, renvoyé à Jérusalem, Rome et Cambridge n’ayant aucun support pour continuer son labeur.

Malade, il continue de se battre, même si , peu à peu, il ne pourra plus marcher.

Une connivence fraternelle le liera au Père Chenu (1895-1990), théologien comme lui, persécuté comme lui, mais ayant un caractère facile et optimiste, ainsi qu’un don de contact facile.

Le pape Jean-Paul II reconnaîtra son œuvre quelques mois avant sa mort en l’élevant au cardinalat alors qu’il est cloué à son lit depuis quelques années .

Fr. Alexis Pauly op

mai 2005
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